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La grémille
( Gymnocephalus cernuus )

La grémille est un percidé d'Europe et d'Asie et elle a été découverte pour la première fois, près de Duluth, au Lac Supérieur autour des années 1980, par l'eau de ballast déversée par les navires trans-océaniques. Elle s'est depuis propagée dans plusieurs autres emplacements du Lac Supérieur et du lac Huron. La grémille n'a aucune valeur commerciale ou sportive, puisque sa taille est trop petite.

Caractéristiques

Ruffe characteristicsLa grémille ressemble à un jeune doré jaune, à une perchaude et à un omisco, mais peut facilement être identifiée par ses caractéristiques: son allure est celle de la perchaude et elle est généralement plus petite que 20 cm (4-6 pouces) de longueur. Elles sont gluantes, lorsqu'elles sont manipulées et ont une couleur brun-olive sur le dos et les flancs plus pâles. Elles ont deux larges nageoires dorsales (sur le dessus) qui sont collées ensemble. La première rangée de nageoires possède de dures épines (au nombre de 11 à 16 ) avec des rangées de tâches sombres; la deuxième nageoire est douce. Elle a des épines pointues sur la nageoire dorsale et anale, et des épines dures sur la cavité branchiale. Les yeux sont protubérants; elle a une petite bouche, tournée vers le bas; elle ne possède pas d'écaille sur sa tête.

La grémille a toutes les caractéristiques qu'il faut pour être un envahisseur à succès. Elle peut s'adapter à plusieurs conditions environnementales différentes; elle a un grand choix alimentaire. Elle possède très peu de prédateurs et devient mature rapidement. La grémille a un taux de reproduction très élevé. La grémille passe ses journées dans l'eau profonde, pour éviter ses prédateurs, et se dirige vers le peu profond, pour se nourrir la nuit. On la retrouve dans de l'eau douce, contenant beaucoup ou peu de nutriments, dans des profondeurs de 0,25 m à 85 m et dans des milieux comportant de grands changements de température. La grémille se nourrit d'insectes aquatiques, d'organismes qui vivent au fond et est reconnue pour manger des oeufs de poissons. Seulement la barbotte brune, la perchaude et le grand brochet semblent se nourrir de la grémille, puisqu'elle possède des épines qui sont dures, ce qui rend difficile sa consommation par les autres poissons. La grémille devient mature rapidement (vers l'âge de 2 à 3 ans) et peut pondre dans une grande variété de conditions et d'habitats. Les femelles peuvent produire entre 13,000 à 200,000 oeufs par saison et sa durée de vie est de 7 ans.

Répartition

Vers le début des années 1800, la grémille a été découverte dans le port de Duluth, au Lac Supérieur. En 1991, des grémilles ont été rapportées dans la rivière Kaministiquia, à Thunder Bay, et on croit qu'elles ont été transportées par l'eau de ballast provenant du port de Duluth, au Lac Supérieur. Elles ont aussi été trouvées dans le lac Huron, à Alpena, au Michigan. Elles pourraient facilement se propager dans tous les grands lacs et dans plusieurs autres lacs. Elles sont maintenant considérées comme la sorte de poisson la plus abondante, dans le port de Duluth, avec un nombre estimé à deux millions de poissons adultes, sur soixante espèces de poissons trouvées là (Ruffle Task Force 1992). Elles sont aussi considérées, comme une espèce dominante de poissons, dans l'estuaire du Fleuve St. Louis

Impact

La grémille possède toutes les caractéristiques pour nuire sérieusement à nos populations de poissons indigènes. Dans les endroits où elles ont été introduites, on a remarqué que le nombre de grémilles a augmenté et a mené à un déclin dramatique des populations de poissons indigènes. Elles sont en compétition directe avec les autres, pour la nourriture et elles se nourrissent abondamment d'œufs. La grémille se nourrira des œufs des espèces indigènes de poissons, telles que la perchaude et le grand corégone. Cet envahisseur mange une grande variété de nourriture, ce qui réduit les sources de nourriture, de beaucoup d'autres espèces de poissons. Lorsque la grémille n'est pas mangée par des prédateurs indigènes, ou si les jeunes poissons prédateurs meurent de faim, parce que la compétition avec la grémille est trop grande, et avant qu'ils ne deviennent assez gros pour manger les grémilles; ceci peut résulter en une explosion du nombre de grémille et un drastique déclin des populations de différentes espèces . Tous ces facteurs: un taux de reproduction élevé; une vitesse de croissance rapide; un manque de prédateur; une capacité de prospérer dans un éventail de conditions et d'habitats, et une capacité de manger presque n'importe quoi... augmentent les populations de grémilles, pendant que le nombre de poissons indigènes diminue. Dans quelques endroits des Grands Lacs, où la grémille a été identifiée, elle est devenue l'espèce de poissons la plus abondante, entraînant le déclin des espèces de poissons indigènes, telles que la perchaude et le mené émeraude, en même temps. Il est probable que la grémille se dirige ou s'introduise dans le bas des Grands Lacs ou dans les lacs intérieurs et les rivières; alors il pourrait y avoir des conséquences désastreuses.

Prévention

Une fois introduites dans nos lacs et rivières, les grémilles sont presque impossibles à contrôler. C'est pourquoi il est important de prévenir leur propagation vers d'autres Grands Lacs et lacs intérieurs. La grémille peut être transportée accidentellement dans des seaux à appâts, dans les viviers et dans le fond de la cale. Il faut toujours faire attention de ne pas prendre des appâts vivants des Grands Lacs, afin des utiliser dans les lacs intérieurs, et ne jamais prendre des appâts vivants d'un cours d'eau et les relâcher dans un autre. Il toujours vider votre seau à appâts par terre. Soyez vigilants et signalez la présence de la grémille.

Si vous capturez une grémille dans une région, qui ne figure pas sur la carte de répartition, conservez le spécimen dans l'alcool ou congelez-le, puis appelez sans frais la ligne d'information sur les espèces envahissantes au 1-800-563-7711 ou communiquez avec le bureau du Ministère des Richesses Naturelles de l'Ontario le plus proche.

Selon la loi provinciale, il est illégal de posséder une grémille, morte ou vivante, en Ontario, à moins d'en transporter une vers un bureau du MRN. Selon la loi américaine, il est illégal de posséder une grémille, vivante ou morte, au Michigan, au Wisconsin et au Minnesota.



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