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Le gobie à taches noires
( Neogobius melanostomus )

Projet d'élimination des gobies à taches noires du ruisseau de Pefferlaw

Le gobie à taches noires appartient à une famille représentée à l'échelle mondiale par de nombreuses espèces. Originaire de l'Europe de l'Est, il a été introduit dans la rivière Sainte-Claire à la fin des années 1980. On croit que cette espèce est arrivée en Amérique du Nord dans les eaux de ballast des navires, en provenance d'Europe de l'Est. En Mai 2004, le gouvernement de l'Ontario a mis en vigueur une réglementation interdisant l'achat ou la vente de gobies vivants, utilisés comme appâts.

Caractéristiques

Caractéristiques Les deux espèces de gobies (le gobie à taches noires et le gobie à nez tubulaire) sont relativement de petite taille et vivent dans le fond de l'eau. Le gobie à taches noires est le plus gros des deux espèces; il peut atteindre 25 cm (10 pouces) de longueur et peut vivre jusqu'à cinq ans. Les gobies à taches noires vivent près des fonds. Ressemblant à notre chabot indigène, leur robe est habituellement tachetée de brun. Leurs nageoires ventrales sont fusionnées pour former une ventouse, qui leur permet de demeurer au fond, lorsque les courants sont forts. Ils sont les seuls poissons à présenter cette caractéristique.

Le gobie à taches noires peut atteindre 25 cm de longueur et sa première nageoire dorsale affiche une importante tache noire. Ce poisson préfère les fonds rocailleux et sablonneux. Il fréquente diverses profondeurs, mais abonde surtout près du rivage. Le gobie à nez tubulaire préfère les endroits peu profonds, avec de la végétation aquatique. Lorsque le gobie à taches noires a été introduit, sa population a vite augmenté, compte tenu de sa nature agressive, et de sa capacité à se reproduire plusieurs fois par saison. Chaque espèce de gobies se nourrit largement d'insectes et d'autres petits organismes, vivants au fond de l'eau. À mesure qu'il grandit, il consomme une grande quantité de moules zébrées, sans toutefois parvenir à modérer leur prolifération. À l'occasion, il consomme des petits poissons et des oeufs de poissons.

Répartition

Après avoir été découvertes dans la Rivière Saint-clair en 1990, les deux espèces de gobies ont été retrouvées dans le lac Saint-clair, la rivière de Detroit et à l'Ouest du lac Érié. Les gobies à taches noires ont aussi été retracés partout dans le lac Érié, le lac Huron, le lac Ontario, le sud du lac Michigan et l'Ouest du lac Supérieur. Les gobies à taches noires ont envahi les eaux intérieures de la voie navigable de Trent Severn (le Village de Hastings, Ontario) et le Michigan. Les gobies à taches noires se sont complètement dispersés dans les cinq Grands Lacs en moins d'une décennie, une dispersion aussi rapide que pour les moules zébrées. On croit que les populations isolées des Grands Lacs ont été transportées dans l'eau de ballast lors des transports intra lacs à partir de la région de la rivière Saint-clair

Impact:

Round Goby Source: David Jude - Center for Great Lake and Aquatic Sciences (CGLAS) Les gobies à taches noires sont devenus extrêmement abondants dans la rivière Saint-Clair, le lac Érié et dans quelques endroits du lac Ontario, et ont atteint des densités de plus de 100 par mètre cubique d'eau. Dans quelques endroits, ils sont devenus problématiques pour les pêcheurs, avec leur habitude de voler les appâts. Le gobie à taches noires est un poisson très agressif qui se reproduit plusieurs fois par saison. Ces caractéristiques, combinées avec leur abondance et leur grosseur relative, signifient que le gobie à taches noires va probablement avoir un impact sur les espèces de poissons indigènes. Le plus petit, le gobie à nez tubulaire, n'est pas aussi abondant et aussi dispersé que le gobie à taches noires; il ne devrait pas avoir un impact aussi dommageable.

Bien qu'il soit trop tôt pour dire quels impacts les gobies à taches noires vont avoir dans les Grands-lacs, des changements on déjà été observés dans la rivière Saint-clair. Comme le gobie à taches noires a prospéré, l'abondance des petits poissons indigènes, qui vivent dans le fond, tels le chabot tacheté et le fouille-roche zébrée (un poisson semblable a la perchaude), a diminué dans la rivière. Des changements semblables devraient se produire dans d'autres endroits où le gobie à taches noires devient abondant. Les effets, que subissent les plus grosses espèces de poissons, ne sont pas encore clairs, mais ils affecteront leurs habitats. Les gobies à taches noires ont été observés, à manger des oeufs de poissons de pêche, ce qui peut influencer ces populations. Bien que le doré jaune, ainsi que d'autres prédateurs, se nourrissent de gobies, leur population continue d'augmenter malgré cette prédation. Parce que les adultes gobies se nourrissent principalement de moules zébrées, ayant un niveau de contamination élevé dans leurs tissus, plusieurs ont exprimé l'opinion que les poissons prédateurs seraient exposés à un niveau de contamination élevé, suite à la consommation de gobies. L'apparition spontanée du botulisme de type E (Clostridium botulinum) a été observé comme impact, pour les gobies qui mangent des moules infectées, pouvant même causer leur mort. Cette maladie peut aller plus haut dans la chaîne alimentaire, comme par exemple, lorsque les canards et/ou autres poisons mangent les gobies infectés. Tous les impacts, cités plus haut, sont présentement étudiés et font l'objet de recherches de plusieurs agences dans la région des Grands Lacs.

Prévention

Bien que les pêcheurs à la ligne et les conducteurs de bateaux puissent aider à limiter l'invasion des gobies dans les voies navigables intérieures, il n'y a pas de façon connue d'éliminer les gobies d'une grande étendue comme celle des Grands Lacs. L'invasion des moules zébrées et de la moule quagga dans les Grands Lacs produit une grande quantité de nourriture pour les gobies à taches noires, qui vont continuer de prendre de l'expansion dans différents secteurs des grands lacs. La détection rapide des populations isolées peut aider à ralentir ou réduire l'envahissement des gobies à taches noires. Voici ce que vous pouvez faire pour prévenir l'envahissement:

  • Apprendre à identifier le gobie à taches noires et ne pas le rejeter vivant dans l'eau
  • Ne pas utiliser le gobie à taches noires comme appât vivant
  • Vider votre seau à appât sur terre avant de quitter un plan d'eau
  • Vidanger sur terre l'eau du moteur, du vivier, du fond de la cale et du caisson avant de quitter un plan d'eau.
  • Ne jamais jeter l'eau de votre seau à appât dans un lac ou une rivière, s'il contient de l'eau d'une autre source d'eau
  • Ne jamais verser de poissons vivants d'une étendue d'eau à une autre

      Les gobies et beaucoup d'autres espèces exotiques ont été introduits dans les Grands Lacs par l'eau de ballast des bateaux. La moule zébrée, le cladocère épineux, et la grémille ont été transportés d'Europe de cette manière. Tous les bateaux sont maintenant obligés de jeter l'eau de ballast dans l'océan avant d'entrer dans les Grands Lacs. Des recherches sont présentement en cours, dans le but de trouver une façon efficace de traiter l'eau de ballast, afin de prévenir l'introduction d'espèces exotiques nuisibles, et leur mouvement par bateaux dans les Grands Lacs.

      Si vous capturez un gobie à taches noires dans une région qui ne figure pas sur la carte, conservez le spécimen dans de l'alcool ou congelez-le, puis appelez sans frais la ligne d'information sur les espèces envahissantes au 1-800-563-7711 ou communiquez avec le bureau du Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario le plus proche.



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